Dans la Cour de Cassation


Dreyfus dans la Cour de Cassation




Parmi les rumeurs d'un coup d'état mené par l'anti-dreyfusiste vocal, Cavaignac, la section criminelle de la Cour de Cassation a commencé à réviser la condamnation de Dreyfus de 1894. Les juges ont réexaminé les officiers qui ont joué un rôle dans le premier procès, et ils n'étaient pas convaincus par leurs attestations. Les investigateurs ont aussi découvert que le papier rare sur lequel on a écrit le bordereau n'avait jamais été utilisé par Dreyfus, mais que Esterhazy l'avait utilisé autour de 1894. Cette révélation a ajouté à la puissance de l'aveu d'Esterhazy qu'il était le vrai auteur du bordereau.

Les anti-dreyfusards ont répondu à ces nouvelles révélations avec véhémence. Quesnay de Beaurepaire, le procureur de la Cour de Cassation, a mené leur attaque contre la Cour, en accusant la cour criminelle du favoritisme envers Picquart. La Libre Parole et l'Intransigeant ont ajouté à ce cri en attaquant la cour d'être "dirigée par des juifs." La presse antisémite a mis le président juif de la section criminelle, Loew, au centre de leur attaque. Pour exposer cet homme comme un "vrai criminel," la Croix a clamé que Loew n'était pas seulement juif, mais protestant aussi!

Beaurepaire a démissionné de la cour en janvier 1899 pour jouer un rôle plus grand dans la bataille anti-dreyfusarde. Il prétendait que ses collègues étaient des membres du Syndicat juif. La presse dreyfusarde l'a attaqué pour cette action. Le Temps a dit que son acte de protestation contre la cour était seulement une "protestation personelle" qui "ne touche pas le coeur de l'affaire." Le Figaro a soutenu la thèse que les parties coupables n'étaient pas les membres de la cour, mais les gens qui ont pris comme sérieuses les accusations de Beaurepaire.

La Libre Parole, l'Intransigeant et la Croix ont répondu aux écrits de la presse dreyfusarde avec une telle violence que le gouvernement de Depuy se sentait menacé. Donc Depuy a passé une loi qui combinerait tous les chambres du Cour de Cassation pour faire la décision finale envers l'annulation du verdict de 1894 contre Dreyfus.

Cette action gouvernementale était très irrégulière, et les dreyfusards étaient furieux. Clemenceau a écrit dans l'Aurore de son désespoir pour la justice et les droits humains. Le Siècle a proclamé que la décision de Depuy l'avait déshonoré devant le monde entier.

À cette époque deux événements se sont produits qui ont beaucoup aidé les dreyfusards et leur cause pour l’annulation du procès de 1894. Premièrement, un enseignant clérical a été arrêté pour le meurtre d'un petit étudiant à Lille. Deuxièmement, le président Félix Faure est soudainement mort.

Les libéraux et les socialistes ont utilisé l'incident à Lille pour justifier leur agitation anticléricale. Quoique Rochefort croyait aussi dans la culpabilité du prêtre de Lille, il a essayé dans son Intransigeant de justifier l'action, disant que les voeux de chasteté parmi les cleriques n'étaient pas naturels.

Avant la mort de Faure, la Petite République et l'Aurore ont mené des campagnes contre le président, disant que Faure savait que Dreyfus était innocent et qu'il se comportait plus comme un roi que comme un président démocratique. Les dreyfusards ont consideré la mort du président comme une victoire pour la France. Dans un obituaire court, Clemenceau a proclamé "Félix Faure est mort. Ça ne fait pas un de moins pour la France."

Les anti-dreyfusards étaient bouleversés par la mort de Faure, le chef symbolique de leur mouvement. Pendant qu'ils essayaient de mettre leur cause en ordre, le gouvernement a élu un nouveau président de la république, un dreyfusard qui s'appelait Émile Loubet. Cette action a ajouté à l'horreur des anti-dreyfusards. Drumont a attaqué Loubet comme quelqu'un qui avait joué un grand rôle dans le scandale de Panama, et la Libre Parole a clamé que la mort de Faure "aurait pu être aidé" parce qu'elle "a servi trop fidèlement les Juifs." La Croix détestait Loubet parce que son élection a été le produit d'une alliance entre leurs plus grands ennemis: les juifs et les maçons.

Avant l'introduction de la loi de Depuy, Labori, l'avocat de Zola, a obtenu une copie du rapport de la Cour de Cassation qui impliquait l'innocence de Dreyfus. Illégalement, Labori a passé le dossier au frère d'Alfred Dreyfus, Mathieu, qui l'a donné au Figaro. Le Figaro a publié le dossier en forme sérielle, et à la fin de mars, 1899, le public favorisait enfin une révision du procès de Dreyfus!

Gagnant du courage à cause du succès des révélations du Figaro, la presse dreyfusiste continuait leur lutte plus agressivement. Sous leur influence et celle de l'opinion publique, la cour a annulé la conviction de Dreyfus de 1894 et a résolu de conduire un nouveau procès à la tribune militaire à Rennes. On examinerait seulement un sujet: est-ce que Dreyfus a donné aux ennemis de la France les documents mentionnés dans le bordereau?

Les dreyfusards considéraient l'ouverture de ce nouveau procès comme la victoire. Il n'avait aucune question qu'Esterhazy était l'auteur du bordereau, et donc ça serait inconcevable de trouver Dreyfus coupable. Selon l'Aurore du 4 juin 1899, "La Vérité Triomphe. La Révision Ordonnée."

Les anti-dreyfusards ont trouvé le président Loubet coupable pour l'ordonnance de cette révision. Le 4 juin, Pendant que Loubet était à un concours à Auteuil, les anti-dreyfusards ont mené une manefestation contre le président et Dreyfus et pour l'armée. Quand un monarchiste a tapé le chapeau de Loubet avec sa cane, L'Aurore a proclamé "une attaque contre Monsieur Loubet."

Le Siècle a encouragé le gouvernement "d'agir fermement" en réponse à cette attaque, mais Drumont a continué ces attaques verbales, demandant la démission de Loubet. La Croix a écrit que le gouvernement "doit chercher les causes de telle mauvaise popularité." En réponse, les éditeurs de l'Aurore ont cherché en dehors de la France des soutiens pour leur cause. Le journal a publié une lettre américaine qui disait qu'un seul journal francophone soutenait les anti-dreyfusards et que Dreyfus était "le plus grand martyr du siècle."

Le 12 juin 1899, la Chambre de Députés a voté "sans confiance" en le gouvernement de Depuy à cause de son manque d'action après l'attaque de Loubet. Le 22 juin un nouveau cabinet a été formé par le républicain et dreyfusard, Waldeck-Rousseau. Ce cabinet était un des plus divers de l'histoire avec le socialiste Millerand et le monarchiste Général Galliffet comme Ministre de la Guerre. Waldeck-Rousseau lui-même a été approché par la famille Dreyfus en 1894 pour défendre Alfred.

Drumont détestait Waldeck-Rousseau parce que le ministre était avocat contre lui dans un procès que Drumont a perdu en 1892. Après l'élection de Waldeck-Rousseau, Drumont l'a dépeint comme "le juif en pouvoir." Pour peindre Galliffet comme un "boucher," Rochefort a fait des caricatures du général dans la Commune de Paris de 1871.

Le but du nouveau cabinet était de "défendre la république" en rétablissant le respect pour les institutions républicaines. Galliffet trouvait nécessaire de discipliner l'armée parce que les officiers croyaient que la survie de la France dépendait seulement sur eux. Les socialistes étaient furieux, et la Libre Parole a pretendu que les actions de Galliffet démontraient que le gouvernement avait trop de puissance.

Avec l'approche du deuxième procès, on voyait l'organisation des pouvoirs antisémites. Partout le monde, les tensions étaient au plus haut point.
 
 

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